jeudi 6 novembre 2014

Mercredi


Je t'ai choisi
entre tous les hommes
ceux qui prêtent
leurs yeux aux images
toi tu as les mains
douces sur mon âme
j'ai mangé ton âge
pour être celui
que j'aime
au plus près
certains disent même
que nos figures
ce profil
c'est comme une idylle
je t'ai choisi
entre tous
avant même de te voir
j'ai trouvé en toi
l'homme
pour la femme
le pays où mes pieds
ont grandi
poésie.

mercredi 9 juillet 2014

Je suis devenue

Je suis devenue
âme sentinelle
je sais caresser
ma robe nouvelle
elle est faite
de braises de satin
je l'ai volée à des putains
pour porter leur chagrin
alors je suis devenue
la mère amère
qui déverse sa colère
je suis devenue
la faim qui vous mange
jusqu'aux dents
et puis j'ai posé
ma fièvre à terre
je vous ai
baisé les lèvres
couvertes de verdure
ainsi c'est fait
ainsi soit-il
de nos déluges
larmes versées dans les rues
et sur les trottoirs
se sont des pas
qui crachent encore
des pourquoi
je suis devenue
derrière tes yeux
amoureux
ce que sait mon âme
parole après la bataille
je suis devenue
au creux de tes mots
dans ta voix
ce souffle qui éclaire
d'une vie à l'autre
et qui sert à faire
la paix après la guerre.

lundi 30 juin 2014

Guerrière

C'est le jour c'est l'heure
d'oublier le reste
choisis parmi les poèmes
choisis contre la guerre
pour que se pose entre tes lèvres
balle perdue une gamine
aux yeux de braise


C'est le jour c'est l'heure
je ne sais si je saigne
ou si c'est le soleil
choisis parmi les poèmes
choisis contre la guerre
pour que se pose sur l'ouvrière
le son des mots
et songe au soldat
derrière toi
choisis parmi les poèmes
je te promets je t'aime


C'est le jour c'est l'heure
d'oublier le reste
tout est prêt
de la bouche aux braises
tu peux me couper la tête
et me coucher sur la plaie
je te promets je t'aime.


lundi 23 juin 2014

Butterfly

C'est sur ta peau
dorée
je peux rêver
ça me donne une idée
de la beauté
c'est sur tes mots
j'y suis restée
alignée
butterfly dans mon
estomac
au moment de se cogner
de s'y frotter
de pleurer sur ma peine
butterfly noir
sur ton torse
habillé de miroirs
j'y suis restée
alignée
florilège de poèmes
pour cet épiderme
j'y ai trouvé
tristesse d'été
ma force mon âme
sœur
sur le chemin
j'y ai trouvé
comme chacun
après le naufrage
la vague la belle
celle qui te porte
telle une parole
vers cet écume
vierge
c'est toi-même.

dimanche 8 juin 2014

Styx

Quand c'est arrivé
quand je me suis
approchée
de moi-même
tu sais j'étais
je me demandais
si j'étais
quand c'est arrivé
j'avais déjà tout donné
plus de larmes
dans la vallée
plus de femme
sous le maquillage
tu sais j'étais
je me demandais
si j'étais
où et avec qui
quand c'est arrivé
il n'y avait
plus rien à chercher
plus de pas
à poser
j'ai respiré
ce qui coulait du styx
j'ai fait le serment
de tout recracher
quand c'est arrivé
quand je me suis approchée
de moi-même
quel jour était-ce
les portes de l'enfer
étaient ouvertes
et tu y laisses
ta vie terrestre
la fausse
commune
comme un sourire
accroché
la peur de tomber
dans les mains serrés
de ces couples
qui se disent
ce sont des mots vides
quand c'est arrivé
j'avais déjà tout donné.

mardi 27 mai 2014

Touché n'est pas coulé

Touché n'est pas
coulé
je me réveille
du fond du son
de mes oreilles
de la lumière
qui perce enfin
mes œillères
de mes souvenirs
abrutie
je me réveille
avec un malaise
évident
démunie
face à tes
missions
munitions punitions

Mais touché n'est pas
coulé
je me réveille
au moment
crépusculaire
que vais-je faire
de ces marques
empruntes
de coups en douce
de revers
jamais clairs
que vais-je faire
de ces mains
encore accrochées
et ce cœur
à cogner de fureur
à t'éclater à la gueule
je lui dirai

Touché n'est pas
coulé
je me réveille
avance un pas
un poing vers toi
je me lève
me relève
regarde donc
dans mon dos
tu verras
comme un miroir
ces coups de couteaux
de toi

Mais touché n'est pas
coulé
je me réveille
m'émerveille
de rester debout
quand tout s'accroche
à ton cou
pour te mettre
sous le joug
je lui dirai
qu'il reste dans ma tête
comme une plaie
que j'en ferai
un poème
je lui dirai
je n'ai pas vu
le masque sur le
masque
pas prise j'ai appris
à m'éloigner
des portes ouvertes
de celles qui se ferment
sur toi
musellent la muse
et s'amusent
à te faire avaler
dans ta bouche
des mots de merde

Mais touché n'est pas
coulé
je me réveille
que vais-je faire
de ces mains
encore accrochées
et ce cœur
à cogner de fureur
à t'éclater à la gueule.